Le jour où j’ai rencontré la psychanalyse

Le jour où j’ai rencontré la psychanalyse

Je n’arrive pas bien à situer précisément ce jour, mais je sais que cette rencontre fut très importante pour moi et m’accompagne aujourd’hui quotidiennement.

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Lorsque j’étais en école d’éducatrice spécialisée, j’ai évidement eu un rapide aperçu de différents courants thérapeutiques, dont la psychanalyse. A l’époque, la lecture de cinq leçons sur la psychanalyse de FREUD ne m’avait pas trop parlé, les mots étaient compliqués et un peu trop éloigné de moi à mon gout.

Chemin faisant, la psychanalyse m’a rattrapée, les institutions dans lesquelles j’ai travaillé avaient des approches psychanalytiques, je l’ai donc côtoyée professionnellement. Peu à peu, j’ai ressenti le besoin d’aller voir concrètement en quoi consistait cette approche thérapeutique.

Trop souvent, je trouve que les psycho-thérapies sont mal considérées. J’ai l’impression qu’il ne faut pas vraiment dire que l’on consulte un thérapeute, comme s’il fallait en avoir honte. Trop souvent lorsque j’aborde la question d’une thérapie avec des personnes que j’accompagne, la réponde avancée se rapproche de : « je n’ai pas besoin d’aller voir un psy, je ne suis pas fou/folle. » Comme si la thérapie ne devait concerner que les personnes « folles ».

Personnellement, ce que j’ai appris de la vie est que nous sommes tous des êtres imparfaits, nous avons été des bébé/enfants imparfaits, élevés par des parents, êtres humains, eux aussi imparfaits. La perfection n’est pas une fin en soi, bien au contraire, ce sont nos imperfections qui font de nous des êtres humains, de belles personnes, toutes uniques. Mais les imperfections de nos parents ont forcément créé des petits troubles dans notre développement qu’il est, selon moi important de questionner, de comprendre, pour éviter d’être parasité par tout cela dans notre vie d’adulte. Je crois que cette démarche peut concerner tout le monde, et qu’il n’est pas nécessaire d’avoir des bouffées délirantes ou d’être trop mal pour la mettre en oeuvre.

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Aujourd’hui, la psychanalyse a pour moi un rôle dans différents domaines de ma vie. Elle a pu m’être utile de façon personnelle et thérapeutique à un moment donné, elle a pu également m’être d’une aide précieuse dans mon quotidien d’éducatrice, notamment pour accompagner au mieux des adolescents en souffrance ou les familles.

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Lorsqu’une situation génère chez moi des émotions irrationnelles ou disproportionnées à ce qui se passe concrètement, j’ai maintenant compris que cela vient toucher chez moi quelque chose que la petite fille en moi a mal vécu  et que la femme que je suis devenue n’a pas encore réussi à élucider. Il a déjà du vous arriver qu’une situation anodine, un détail, génère des sentiments disproportionnés comme de la colère, une grande tristesse, des angoisses, sans pouvoir comprendre pourquoi ce détail a généré ces émotions. Il y a, dans ces moments, un mystère à résoudre.

Personnellement, la psychanalyse m’aide à chercher et à comprendre ce qui s’est joué dans mon enfance, dans mon développement, et qui fait irruption dans ma vie de femme sans que je ne l’ai invité.

Dans ces moments là, je sais qu’il faut que j’aborde la question avec ma psychanalyste s’il s’agit du volet personnel de ma vie, ou avec un superviseur si il s’agit du volet professionnel.

J’ai aussi découvert dans ma vie professionnelle que la psychanalyse peut être un outil dans des travaux de groupes, et pas seulement dans une relation thérapeutique individuelle.

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Sur le moment, je reconnais que cette démarche n’est pas forcément des plus agréables. En effet, pour résoudre ces mystères, il faut faire face à des ressentis désagréables que notre inconscient avait eu besoin de mettre de côté à un moment donné. Mais jusqu’à aujourd’hui, je n’ai encore rien trouvé de plus efficace que de réveiller ces ressentis négatifs une bonne fois pour comprendre, et ensuite pouvoir les mettre un peu plus à distance de ma vie de femme durablement.

Très souvent, j’ai passé des séances de psychanalyse en pleurs tellement l’accès à ces ressentis de petite fille étaient douloureux. Mais je sortais tellement plus légère d’avoir enfin mis le doigt sur ce qui me pesait depuis des années que le malaise ressenti sur le moment vaut le coup. Sur le long terme, ce sont des tas de petites, ou grandes situations désagréables qui s’estompent, voire disparaissent.

Une des choses à savoir pour que la thérapie porte ses fruits est que la relation avec le thérapeute est primordiale dans la cure (c’est elle qui joue un rôle important dans ce que Freud appelle le transfert avec l’analyste). C’est pourquoi je conseille aux personnes qui souhaiteraient se lancer dans une cure de prendre le temps de choisir son analyste avec soin. Il peut être rassurant d’aller voir quelqu’un que l’on nous a conseillé, mais pas toujours évident d’en parler à son entourage lorsqu’on se décide parce qu’après tout, c’est une démarche intime. Il s’agit d’aller rencontrer notre moi profond et ça ne regarde personne. On peut aussi se renseigner sur internet, certains psychanalystes ont des sites internet très bien fait qui détaillent leur façon de travailler (c’est de cette façon que j’ai rencontré la mienne). Pour finir, on peut aussi compter sur sa bonne étoile et aller consulter quelqu’un dont on a trouvé le numéro dans les pages jaunes.

Quoi qu’il en soit, je crois qu’il est important de se laisser une « séance exploratoire » et de se faire confiance pour déterminer si son se sent suffisamment en confiance avec le thérapeute pour se laisser aller et lui confier ses questionnements, ses angoisses, ses doutes les plus intimes. Si ce n’est pas le cas, je crois qu’il ne faut pas vraiment s’acharner au risque de se dégoutter de la thérapie, mais se laisser d’autres chances avec d’autres personnes. Il y a autant de thérapies différents qu’il existe de thérapeutes. Ce n’est pas parce qu’un thérapeute ne nous correspond pas que la thérapie n’est pas faite pour nous!

En tous cas, pour moi, la psychanalyse m’a permis de me sentir beaucoup plus sereine, de pouvoir me concentrer sur l’ici et maintenant sans être parasitée par des émotions de petite fille qui resurgissent promptement.

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2 réflexions sur “Le jour où j’ai rencontré la psychanalyse

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